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De Dinan à St-Malo

Notre chemin de 45km part des églises Saint-Malo et Saint-Sauveur de Dinan. Il longe la rive droite de la Rance jusqu´à l´écluse du Chatelier (Vicomté-sur-Rance). De là on passe sur la rive gauche jusqu´à Port-Saint-Hubert/Port-Saint-Jean. A cet endroit on franchit à nouveau la Rance pour rejoindre St-Malo par la rive droite (St-Suliac).

La ville de Dinan s´est d´abord construite autour de l´église Saint-Malo, érigée vers 1066 par Olivier de Dinan. Elle s´est ensuite étendue vers l´église Saint-Sauveur qui domine aujourd´hui la ville. Selon la légende, l´église Saint-Sauveur aurait été construite par Riwallon, un chevalier de la famille de Dinan, après un retour de croisade. Le porche gauche raconterait l´histoire de Riwallon. Il serait parti à la croisade vers 1112 pour expier le meurtre de moines. Les sarrasins l´auraient fait prisonnier puis lui auraient donné deux femmes en mariage (peut-être symbolisées par la sirène à deux queues dans le porche). Finalement il réussit à s´enfuir et revient dans "le droit chemin". Il fait construire à Dinan l´église Saint-Sauveur dédiée à la Sainte Trinité. Une charte de 1131 indique qu´elle fut donnée à l´abbaye de Saint-Jacut par Alain de Dinan, neveu de Riwallon. En 1480 on commença à élargir la nef. Ensuite on abattit la partie supérieure de la façade pour la doter d´une large baie. Au 16ème siècle on construisit un nouveau choeur. Les travaux s´achevèrent en 1779 avec la construction d´un clocher à triple étage. Le mur sud de la nef a conservé son aspect roman. Sa structure est très rare. La partie basse du mur sud est composée d´arcatures aveugles qui reposent sur des colonnettes ou des consoles. La partie supérieure est aussi composée d´arcatures alternativement aveugles et ajourées. Cette construction est peut-être l´oeuvre d´un architecte oriental. Les plans ont pu être rapporté après une croisade. Dans la nef, on trouve un curieux chapiteau montrant deux chameaux affronté. Après sa mort lors du siège de Châteauneuf-de-Randon, le corps du connétable Du Guesclin a été transporté dans la nécropole royale de la basilique Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Suivant la volonté du défunt, son coeur a été rapporté à Dinan et déposé dans un enfeu de l´église des dominicains de Dinan. Après la Révolution, la relique a été apportée dans l´église Saint-Sauveur.

L´actuelle église Saint-Malo de Dinan a été érigée à partir de 1489. Le clocher n´a jamais été construit. La nef contient une belle série de vitraux en lien avec l´histoire de la ville. L´un des vitraux rappelle que la reine Anne avait effectué le tour de la Bretagne en 1505. Partie de Nantes, elle avait visité successivement Vannes, Quimper, Brest, St-Pol-de-Léon, Tréguier, Guingamp, Saint-Brieuc et Lamballe. On la voit ici arriver à Dinan par la porte de Brest.

Saint Suliac serait né au Pays de Galles vers 530. Un jour il traversa la Manche et débarqua dans le pays d´Aleth. Il fut accueilli un temps dans le monastère d´Aaron, sur l´île qu´on appelle aujourd´hui "de Saint-Malo". De là il longea la Rance et s´installa dans un lieu solitaire, sur le Mont-Garrot. Il y mourut vers 606. Le modeste santuaire de saint Suliac devint au 13e siècle l´actuelle église Saint-Suliac. Au temps des guerres de la Ligue, l´église servait de forteresse. En 1597, les ligueurs qui s´y étaient retranchés furent tous tués au cours d´un assaut. A l´intérieur un vitrail rappelle un voeu du début du 20e siècle. Vers 1910, alors que la campagne de pêche à Terre-Neuve avait été très meurtrière, Saint-Suliac n´avait pas eu à déplorer des disparus. En reconnaissance, les marins avaient fait le voeu d´aller pieds-nus et "en linge de corps" de St-Suliac à St-Jouan. A proximité, la Vierge de Grainfolet a été érigée à la suite d´un voeu semblable en 1874.

Nous sommes ici au centre d´Aleth, à 1km au sud de Saint-Malo. En 80 av. JC. il y avait déjà là sur 5 hectares un village coriosolite (peuple gaulois). Au début de la période romaine c´était un site portuaire appelé Reginca. En 275, Alet s´entoure d´une muraille et une véritable structure urbaine s´y créée. Elle devient alors la capitale gallo-romaine des Coriosolites au détriment de Corseul. En 799, Alet devient le siège d´un évêché. Cette date est confirmée par divers éléments: apparition du premier évêque Hélocar, indication dans le roman d´Aquin de la fondation par Charlemagne à Alet d´une cathédrale dédiée à saint Pierre, indication dans une donation de 843 que la cathédrale était bien dédiée à saint-Pierre. Ces faits sont confirmés par l´archéologie qui a permis de détecter sous l´église actuelle l´existence d´une imposante église, sans doute la première cathédrale (nef de 12 mètres de large et deux structures orientales latérales de 4 mètres sur 5). Précisons de plus que la vie de saint Malo, rédigée par le moine Bili au 9ème siècle, ne donne pas à saint Malo le rang d´évêque et on peut raisonnablement penser qu´il n´y avait pas d´évêché à Alet avant le 9ème siècle. En 1146, Jean de Châtillon obtient du pape Eugène III le transfert de l´évêché à Saint-Malo et devient le premier évêque de Saint-Malo. En 1255 la cité d´Alet se révolte contre la domination de Saint-Malo et les malouins la détruisent. La cathédrale Saint-Pierre est rasée. Ultérieurement, l´abside orientale est réaménagée en chapelle Saint-Pierre. C´est l´édifice que nous voyons aujourd´hui. Au cours de la 2e guerre mondiale, le site d´Alet a été à nouveau transformé en place forte.


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